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Lettre aux absents – Vernissage de Poom in Love, le 1er décembre 2018

La vie est une blessure

Au commencement.                                                                                                    Au début, du début du début,                                                                                  fut un rapport commandé par Mr Macron, Président de la République Française, à Mr Eric Orsenna sur l’état des bibliothèques et les défis que nous aurons à relever dans les prochaines années. Ce rapport n’a pas fait grand bruit. Néanmoins, il a permis de poser des questions essentielles sur le présent et le futur proche  des bibliothèques.                                                  A savoir que les bibliothèques municipales en milieu rural seront l’espace social et culturel à sauvegarder en priorité si nous désirons inverser la courbe de la désertification des campagnes et ne pas assister, impuissants, à la transformation de nos communes en de vulgaires cités-dortoirs.

Des périls furent pointés du doigt quant à l’avenir incertain de notre démocratie, des peurs, des fantasmes, des colères…

Des critiques faites à ceux qui détiennent le pouvoir de la culture, du savoir, de sa transmission, l’angoisse des gouvernants passés et actuels, redoutant le développement des populismes, extrêmismes de gauche et de droite, incriminés en son temps par Mr Schuman, le père de l’Europe, comme les éléments de déstabilisation, de promotion des guerres, des discriminations, des exclusions, des génocides…

On nous demande d’agir, d’être les promoteurs du futur.

Nous répondons simplement en offrant une place de choix, une place légitime aux goûts, aux désirs de lecture et d’écoute du plus grand nom-bre.

Populaire car l’émotion n’a pas de couleur, tout en défendant la singula-rité de chaque individu, cela va de soi.

A cet effet, la date choisie pour le vernissage de l’exposition de Poom in love n’est pas innocente. Elle correspond à l’anniversaire de notre plus grand chanteur interprète, décédé il y a un an, – JOHNNY!, artiste qui fit entre autre un duo avec Poom in Love.

Explication de texte : Poom in Love Art? tout y est. Poom en écho à la ritournelle de poum-poum-pidou-whouahh!In. Dedans. Entre nous, à l’intérieur du cercle. « Love » nous ramène à l’essentiel, et « Art » pour bien marquer que tout cela a une valeur. Artiste peintre, chanteuse, qu’importe le mode d’expression. Mais PO-PU-LAI-RE! Poom est l’exemple type de l’artiste populaire. On l’aime pour son talent, pour ce qu’elle nous offre.

De son côté, elle le vit sans fausse modestie, au contraire des égos contrariés des AAAAAARRRRTRISSSTES -, Madame, monsieur, qui se noient dans la goutte d’eau nombriliste de leurs angoisses existentielles. Nous en avons une paire, ici, planqués dans nos rayonnages, et ceux qui me connaissent savent tout mon attachement aux personnalités torturées. HUMMMM!!!!!! Notre premier mouvement était d’associer à Poom in Love, en hommage à J.O.H.N.N.Y., Sonia, actrice en improvisation, dont le propre père est un pur produit de l’amour et de la passion absolue pour le chanteur. Elle aurait dû être là parmi nous. Malheureusement, elle s’est fait agressée il y a peu. Côtes cassées, échymoses multiples, traumatisme…Nous le regrettons amèrement. Avons décidé de ne pas la remplacer, de rester sur l’idée de ce que cela aurait été si…Pour ce faire, je vous relaterai ce qu’elle me dit lors de notre première rencontre.

 » A partir de maintenant plus rien n’a vraiment d’importance  » Dixit Johnny.

Je n’ai pas de souvenirs où je suis sûre  d’affirmer que c’était lui sans l’autre, de moments vécus avec lui tant il se projetait…, il nous a élévé au travers de ce que l’autre disait, chantait…Parfois pour le sentir plus proche, je plongeais avec lui dans l’autre, je lui récitais ses paroles, du style : « Je suis en convalescence, je ne suis pas guérie de ton absence ».Je changeais un ou deux mots. Ainsi est née ma propre carrière en impro.Combien de fois je l’ai retrouvé – jean -blouson de cuir, ricanant fiévreusement devant le miroir de la salle de bain, après 4,5 pastis en pleurant à chaudes larmes : » Quand j’étais enfant on disait que j’étais un vaurien et je trainais dans les rues tout le temps « . En réalité ses parents lui interdisaient de sortir après dix heures. C’est flippant de se rendre compte que son propre père est totalement illuminé par un autre, cet Autre là!!!!. Il se levait en pleine nuit, ouvrait les volets et chantait « La liberté, faut la rêver, quand on promène son corps sous le mirador « . Les voisins appelaient les flics. Ceinturé, menotté, il continuait de plus belle  » Il n’y a pas d’école pour apprendre à aimer. Il y a des écoles pour apprendre à tuer ».

Je n’ai pas résité longtemps, disait Sonia, je me suis rendue à sa folie douce. C’était beau et tragique à la fois. Juste avant de disparaitre dans le fourgon, accroché à la portière, il hurlait vers maman :  » Tu me reviendras. Oui, je veux y croire, même si d’autres bras t’ont aimée un soir… »

Pas de chance, maman lui a été d’une fidélité absolue.

  • Aime-moi, aime-moi!
  • On s’y est mis ensemble. Tous. La scène, mémorable! Et lui, balancé par les gendarmes, qui se p……  pratiquement dessus. « Empêche-moi de me détruire ! ». Une fois la séparation effective, maman s’est retrouvée avec les souvenirs. Son mari? Le père de sa fille!? Elle aurait pu lui faire le procès du siècle, que lui et Johnny se seraient servis d’elle, l’auraient exploitée en tant que mère porteuse, etc…, etc… J’aurais de mon côté pu entamer une recherche de paternité. Produit parfait de l’entité spirituelle.Mais ne nous trompons pas d’époque, ceci se passait il y a vingt ans déjà…
  • Je vous laisserai les derniers mots de Sonia, qui me restent mystérieux, , mais qui parleront sans doute à certains d’entre vous;
  • c’est quand Johnny est mort que mon père est ressucité.

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